Tout savoir sur l’ensilage : un fourrage bien conservé pour un troupeau bien nourri
L’ensilage est une solution de conservation du fourrage largement répandue pour sécuriser l’alimentation du troupeau tout au long de l’année. Grâce à la fermentation anaérobie, il préserve la valeur nutritive des fourrages et soutient la performance de l’élevage.

L’ensilage est une technique naturelle de conservation des fourrages permettant de subvenir aux besoins nutritionnels du troupeau pendant les périodes où les prairies sont improductives. Que l’on parle d’ensilage d’herbe ou d’ensilage de maïs, cette méthode repose sur un principe simple : la fermentation anaérobie, qui permet de conserver les qualités alimentaires des végétaux tout en limitant les pertes. En élevage, la maîtrise de la qualité du fourrage stocké conditionne directement les performances techniques et économiques.
Qu’est-ce que l’ensilage ?
Avant d’aborder les bonnes pratiques à mettre en place, il est essentiel de poser les bases techniques de l’ensilage : définition, principes biologiques et vocabulaire associé.
Définition de l’ensilage
L’ensilage est une méthode de conservation basée sur la fermentation lactique en milieu anaérobie, c’est-à-dire sans oxygène.
Cette technique s’applique principalement à l’herbe, au maïs fourrage, mais aussi à d’autres cultures comme le sorgho ou la luzerne.
Concrètement, la matière végétale est hachée, puis stockée de manière hermétique en silos ou boudins, ce qui déclenche une fermentation qui abaisse rapidement le pH.
Ainsi, on obtient une matière stabilisée, qui préserve ses qualités nutritionnelles, en particulier les protéines digestibles, les sucres solubles et l’énergie (UF/kg MS).
Notions clés concernant l’ensilage
Afin de faciliter la lecture des sections techniques à venir, voici un tableau récapitulatif des principaux termes liés à l’ensilage, utilisés tout au long de cet article :
Terme |
Définition technique |
Matière sèche (MS) |
Pourcentage de matière présente dans le fourrage après évaporation complète de l’eau. Ce paramètre influe la conservation, la valeur alimentaire et le tassement du fourrage. |
Fermentation lactique |
Processus microbien anaérobie qui convertit les sucres solubles du fourrage en acide lactique, abaissant le pH et stabilisant la matière. |
Anaérobie |
Milieu sans oxygène. Condition indispensable pour une fermentation efficace et la stabilité de l’ensilage. |
Tassage |
Opération consistant à compacter le fourrage pour éliminer l'air et favoriser les conditions anaérobies dans le silo. |
PH |
Indice mesurant l’acidité du milieu. Un ensilage réussi atteint rapidement un pH acide (souvent entre 3,8 et 4,5) inhibant le développement de micro-organismes indésirables. |
Front d’attaque |
Partie du silo où est prélevé le fourrage chaque jour pour nourrir les animaux. Sa gestion conditionne l’oxygénation du fourrage restant et donc sa conservation. |
Dégradation butyrique |
Fermentation indésirable causée par les bactéries Clostridium dans des conditions trop humides ou mal tassées, produisant des acides néfastes et des pertes nutritives. La présence de terre dans l’ensilage favorise aussi le développement de butyriques. |
UF – Unité Fourragère |
L’UF est une unité énergétique qui permet d’évaluer la valeur alimentaire d’un fourrage. Plus cette valeur est élevée et plus le fourrage est énergétique. |

Les bonnes pratiques pour réussir son ensilage
La réussite d’un ensilage repose sur la maîtrise de plusieurs paramètres clés : le taux de matière sèche, la finesse du hachage, la qualité du tassage, l’étanchéité du stockage et un suivi rigoureux du front d’attaque.
Maîtriser le taux de matière sèche : un enjeu de qualité
Le taux de matière sèche (MS) est un paramètre clé dans la réussite de l’ensilage.
Un fourrage trop humide (>70 % d’eau) favorise les écoulements et les fermentations indésirables (butyriques). À l’inverse, une MS trop élevée (>40 % sur herbe) complique le tassement et laisse de l’air résiduel.
Pour l’ensilage de maïs, on vise généralement 30 à 35 % MS. Quant à l’ensilage d’herbe, on cherche à obtenir 30 à 45 % MS les conditions météorologiques mais aussi, selon les espèces. En effet, selon si l’ensilage est réalisé pour nourrir des vaches laitières, des bovins à viandes, des ovins ou des caprins, alors le taux de MS recherché varie. Dans tous les cas, l’objectif est d’atteindre un compromis entre qualité de fermentation, facilité de tassement et appétence du fourrage.
Un hachage adapté pour favoriser le tassement et la conservation
Un hachage fin, de moins de 1 cm, est recommandé pour augmenter la surface d’échange microbienne et faciliter le tassement du fourrage. Cela améliore la compaction, réduit l’oxygène résiduel et initie rapidement la fermentation.
Bon à savoir : la surface d’échange microbienne désigne la zone accessible aux bactéries pour enclencher la fermentation. Plus les particules sont fines, plus cette surface est grande, ce qui favorise une acidification rapide et une meilleure conservation du fourrage.
Par ailleurs, la longueur de coupe influence la vitesse de transit et la digestibilité chez les ruminants. Comme pour le taux de matière sèche, on cherche ici un bon compromis : cette fois, entre conservation optimale et efficacité alimentaire.
Tasser efficacement pour éliminer l’air et enclencher la fermentation

L’absence d’oxygène est la condition sine qua non d’une fermentation lactique réussie. Le tassage vise à réduire au maximum l’air piégé dans la masse.
Voici une liste des méthodes les courantes utilisées :
- Tracteur à masse ou à roues jumelées dans les silos-couloirs ou silos taupinières ;
- Rouleaux vibrants ou lests dans les silos-tours ;
- Pression mécanique lors de la mise en boudins.
L’objectif ? Atteindre une densité > 200 à 230 kg MS/m³ selon les cultures.
Assurer une parfaite étanchéité du silo ou des balles
L’étanchéité conditionne la qualité de conservation. Une mauvaise couverture favorise les reprises d’oxygène, entraînant échauffements, développement de moisissures et pertes.
Les bonnes pratiques à mettre en place pour une étanchéité parfaite sont les suivantes :
- Utilisation de films plastiques multicouches (souvent 150 à 180 µm) ;
- Pose d’un film de sous-couche (film barrière à l’oxygène) ;
- Lestage avec des sacs, du sables ou filets pour maintenir l’adhérence ;
- Surveillance minutieuse des trous ou déchirures.
- Ajout de bâches de protection pour éviter les dégradations causées par les oiseaux
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Contrôler régulièrement le front d’attaque et la qualité du fourrage
Le désilage, c’est-à-dire l’ouverture progressive du silo pour alimenter le troupeau, est une phase critique de la conservation. Une mauvaise gestion du front d’attaque peut compromettre la qualité du fourrage, même si l’ensilage initial a été bien réalisé.
Il est essentiel de maintenir un front propre, vertical et bien tassé. Une coupe nette permet de limiter la pénétration d’oxygène dans la masse restante. À l’inverse, un front irrégulier ou effrité expose le fourrage à l’air, favorisant les échauffements et le développement de moisissures.
Autre point fondamental : l’avancement quotidien du front d’attaque. Dans le contexte de l’ensilage, l’avancement désigne la profondeur de fourrage prélevée chaque jour sur le front d’attaque du silo. Autrement dit, c’est la distance à laquelle on “recule” dans le silo à chaque désilage, au fur et à mesure de l’alimentation du troupeau. Pour limiter le temps d’exposition à l’oxygène, il est recommandé de progresser d’au moins 40 à 50 cm par jour en hiver, et jusqu’à 1 à 1,5 m en été, selon les températures et le type de fourrage. Cette vitesse d’avancement doit être cohérente avec le débit de distribution et la largeur du silo. Un silo trop large ou trop haut par rapport à la consommation quotidienne entraîne une exposition prolongée des couches supérieures, ce qui augmente significativement les risques d’altération.
Enfin, il est important de surveiller régulièrement l’état du fourrage prélevé. L’observation visuelle (couleur, moisissures éventuelles), l’olfaction (odeur acide, rance ou chauffée) et la température du front permettent de détecter rapidement toute reprise d’oxygène. En cas de dégradation (échauffements localisés, développement fongique, refus à l’auge), il conviendra d’ajuster le rythme de prélèvement.

Quels sont les principaux modes de stockage ?
L’ensilage peut être stocké sous différentes formes, selon la taille de l’exploitation, les cultures concernées et les équipements disponibles.
Le silo-couloir (ou silo-tranchée)
Le silo-couloir est la forme de stockage la plus utilisée en élevage bovin, notamment pour les ensilages de maïs. Sa conception au sol, maçonnée, permet un bon accès au matériel de tassement et une mise en œuvre rapide à grande échelle. Points à retenir :
- Facilite le tassement mécanique ;
- Adapté aux grandes quantités ;
- Nécessite un bon drainage et une couverture rigoureuse.
Le silo-tour
Le silo-tour offre une solution de stockage verticale, particulièrement adaptée aux exploitations recherchant un gain de place au sol. Grâce à sa compaction par gravité, il garantit une densité élevée du fourrage, mais demande des équipements spécifiques pour le remplissage et le désilage. Points à retenir :
- Meilleure compaction verticale ;
- Protection contre les intempéries ;
- Coût d’investissement assez élevé ;
- Nécessite un équipement spécifique de distribution.
De nos jours, ce type de silos n’est pratiquement plus utilisé.
Les boudins plastiques ou silos en sac
Les boudins plastiques, aussi appelés silos en sac, représentent une solution souple et modulaire pour la conservation du fourrage. Ce type de stockage s’adapte bien aux plus petites structures ou à la diversification des cultures, tout en limitant les investissements fixes. Points à retenir :
- Flexibilité pour les petites structures ou les cultures spécifiques ;
- Facile à installer ;
- Permet le fractionnement des lots ;
- Beaucoup plus coûteux en plastique à chaque récolte ;
- Faible débit de chantier ;
- Moins adapté aux très grands volumes.
Quelle différence entre ensilage, enrubannage et foin enrubanné ?
Avant de choisir l’ensilage comme méthode de conservation, il est important de comprendre les différences fondamentales avec d’autres techniques également répandues en élevage. Le foin, l’enrubannage et le foin enrubanné reposent chacun sur des principes distincts, en particulier en matière de taux de matière sèche, de conditionnement et de fermentation.
Type de conservation |
Taux de matière sèche |
Conditionnement |
Mode de fermentation |
Ensilage |
30–40 % |
Silo / boudin |
Fermentation lactique rapide en anaérobie |
Enrubannage |
50–70 % |
Balles enrubannées |
Fermentation modérée, plus lente |
Foin enrubanné |
75–85 % |
Balles enrubannées |
Faible fermentation, conservation par inertie |
Foin |
>85 % |
Bottes / balles stockées au sec |
Aucune fermentation, conservation par dessiccation |
Le choix entre ces techniques dépend de nombreux facteurs : les objectifs nutritionnels du troupeau, la disponibilité en matériel, les capacités de stockage, ainsi que les contraintes climatiques propres à l’exploitation. Bien conduit, chacun de ces systèmes peut garantir une bonne valorisation du fourrage.
L’ensilage, qu’il s’agisse d’herbe ou de maïs, demeure une méthode fiable et éprouvée de conservation du fourrage. Elle requiert cependant une précision technique à chaque étape, du choix du stade de récolte jusqu’au suivi du silo, pour garantir la qualité sanitaire et nutritionnelle du fourrage.
Avec cet article, vous devriez y voir un peu plus clair sur ce qu’implique de réaliser de l’ensilage. Toutefois, pour faire le meilleur choix, il existe des sociétés spécialisées dans les méthodes de conservation du fourrage et qui peuvent aider les éleveurs en ce sens, en fonction de leurs besoins, des conditions climatiques qui impactent leurs parcelles et de l’itinéraire technique choisi pour leurs élevages. Ces entreprises permettent d’élaborer une approche sur mesure. Une fois votre méthode de conservation choisie, le réseau SCAR se tient à votre disposition pour vous fournir le matériel agricole, les équipements et les consommables nécessaires à votre travail.
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